Le
gouvernement poursuit son objectif de voir la totalité
de la population française connectée à l'internet
haut débit d'ici à 2005. Il a autorisé le
déploiement d'un réseau de fibres optiques passant
par les lignes haute tension.
Matignon a donné le 6 février son feu vert à
l'utilisation des lignes à haute tension gérées
par le Réseau de transport d'électricité
(RTE), afin de permettre le raccordement à l'internet haut
débit des régions les moins favorisées.
Concrètement,
il s'agit de déployer un réseau de fibres optiques
sur les lignes électriques du RTE, division autonome d'EDF.
Selon le communiqué de presse de Matigon, cette autorisation
marque «une nouvelle étape dans la mise en oeuvre
concrète des mesures» destinées à réduire
«la fracture numérique» et à développer
pour tous un accès internet à haut débit
d'ici à 2005. Ces mesures ont été prises
lors du Comité interministériel pour l'aménagement
du territoire le 9 juillet 2001.
Environ 2000 kilomètres
de ligne sur les quelques 70000 kilomètres dont le RTE
a la charge sont déjà équipées. L'objectif
est d'atteindre un déploiement sur 15000 kilomètres
sous cinq ans, indique le communiqué du RTE. La société
réalise actuellement une étude pour la desserte
potentielle des agglomérations de plus de 3000 habitants
de la région Midi-Pyrénées. Ce système
sera également testé dans une dizaine d'autres départements
et régions (Alsace, Limousin, Manche, Orne, Nièvre,
Loire, Réunion...) ainsi que dans 80 communes de la région
parisienne.
Trois fois moins cher
Avantages d'un réseau
de fibre optique transitant via les lignes hautes tensions? Les
supports existent déjà, il n'est donc pas nécessaire
de réaliser de nouvelles emprises au sol ou de creuser
des tranchées pour enfouir les câbles, argumente
le RTE. Ce qui permettra de substantielles économies. La
pose d'un mètre de câble coûte environ 25 à
50 euros, soit trois fois moins que pour un réseau souterrain,
selon le RTE. De plus, «le maillage du réseau permet
une large couverture du pays» affirme à l'AFP Henry
Bernard, directeur adjoint de la division transport d'électricité
du RTE. Un argument de poids devant la lenteur de la mise en place
des autres réseaux haut débit, du type ADSL, câble
ou boucle locale radio.
Le financement des
fibres optiques devra être pris en charge par les collectivités
locales, le RTE ne participant qu'à hauteur de ses besoins
pour faire transiter des informations relatives à son réseau
(soit environ 10%). La Caisse des dépôts et consignation
investira 228 millions d'euros sur cinq ans, sur ses fonds propres,
et prêtera 1,5 milliard d'euros aux collectivités
pour leur permettre de financer leur projet.